Le risque au cœur de l’assistance personnelle

Après la lecture de l’article L’accompagnement des adultes en situation de handicap mental  au risque d’une protection abusive d’Olivier Carré, qui questionne la sur-protection et ses effets de réduction de l’autonomie, de la liberté et de l’inclusion des personnes en situation de handicap mental, nous nous sommes penchés sur la question du risque pour Shan.

Quelle place prend le risque dans la vie de Shan ? Que représente-t-il ? Comment est-il géré au quotidien ? Comment protège-t-on Shan d’une protection « abusive » ?

Contrairement au danger, le risque n’est pas passif : confronté à la question du risque, l’individu est immédiatement impliqué, obligé de se positionner. C’est pour cela que l’on parle de prise de risque. Prendre un risque, c’est évaluer les différentes conséquences possibles d’une action, positives et négatives, et agir en vue d’atteindre un objectif visé. On dira que si l’objectif est atteint, le risque en valait la peine. Mais prendre un risque, c’est aussi s’ouvrir à la possibilité d’une issue négative qui contient également sa part de richesse. L’issue n’est alors plus l’enjeu principal : risquer, c’est vivre, c’est poser un acte libre.

La vie est remplie de risques de différentes proportions : jouer au loto, sortir sans parapluie, déménager, voyager, etc. On peut donc définir le risque comme un besoin fondamental d’une vie normale. Le risque implique une exposition au danger, mais aussi une ouverture vers la nouveauté, l’apprentissage et le changement.

Mais que se passe-t-il si une personne n’est pas capable de prendre des risques, c’est-à-dire d’évaluer les différentes issues possibles d’une action, seule ?

À la Fondation Shan, le risque est une dimension de l’assistance personnelle. Assister Shan, c’est lui donner accès aux risques, en évaluant avec elle et pour elle, les différentes issues d’une action. La vulnérabilité de Shan n’est alors plus qu’une donnée dans l’équation, et non le justificatif d’une sur-protection qui la priverait de découvrir, d’expérimenter et d’évoluer au sein du monde. Aborder les risques dans la relation d’assistance demande donc de garder l’intérêt de Shan au centre de chaque réflexion, d’oser l’accompagner dans des zones d’inconfort et de se questionner en permanence sur la frontière fine entre protection et sur-protection.

Fondation Shan – fondation privée – 109 Boulevard Lambermont à 1030 Bruxelles – Tél : 02-377 01 63 – Mail : info@fondationshan.be

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